Restauration : l’offensive des sénateurs

Article du figaro.fr

Contrairement à un premier vote en commission des finances, les sénateurs ont finalement rejeté cette nuit un amendement au projet de budget 2010 visant à rétablir à 19,6% le taux de TVA.

La fronde des sénateurs s’est arrêtée aux portes de l’hémicycle. Le Sénat a rejeté dans la nuit de lundi à mardi un amendement au projet de budget 2010 visant à rétablir à 19,6% le taux de TVA dans la restauration, réduit à 5,5% en juillet. L’amendement a été repoussé par 203 voix contre 126. Lundi, la commission des Finances du Sénat avait voté à l’unanimité – et à la surprise générale – cet amendement, lançant un avertissement aux restaurateurs et au gouvernement, estimant que les engagements demandés à la profession en contre-partie de la baisse de la TVA n’avaient pas été respectés.

« On n’en a pas eu pour notre argent », avait averti Philippe Marini, le rapporteur UMP de la commission des finances du Sénat. Cette phrase résumait à elle seule l’état d’esprit des élus de la Haute Assemblée. « Dans le contexte budgétaire tendu que notre pays connaît et face au risque de creusement de notre déficit public, cette baisse de la TVA pour les restaurateurs décidée en juillet ne nous semble pas justifiée, d’autant plus que les consommateurs n’ont pas vu de résultats probants sur les prix pratiqués par les restaurateurs », accusait le texte dans son exposé des motifs.

  »Ne tierez pas l’échelle maintenant, ce serait trop tôt … »

En clair, la commission prenait acte du fait que, malgré les promesses de la profession, les prix de la restauration sont, dans l’ensemble, restés stables depuis juillet. Une enquête de l’INSEE publiée le 13 novembre dernier montrait une baisse d’à peine 1,46% des prix dans les restaurants depuis juillet. Or, la baisse de la TVA, réclamée depuis des années par les restaurateurs et longtemps bloquée par Bruxelles, devait aboutir à une baisse de 3% des prix pratiqués dans les cafés et restaurants. Quant aux embauches promises par les restaurateurs, elles ne sont pas non plus au rendez-vous. La baisse devrait créer 6 000 emplois, selon la Cour des Comptes, bien loin des 40 000 en deux ans promis par profession.

« Ne tirez pas l’échelle maintenant, ce serait trop tôt », a demandé lundi soir la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, aux sénateurs. « J’applaudis des deux mains » car « ce coup de semonce ce n’est pas un tir, ne coulez pas le système, vous dites attention, n’allez pas jusqu’à la cible pour l’instant », a-t-elle ajouté. Avant de s’engager à « tirer les conclusion et tirer l’échelle » vers le 15 décembre. Le comité de suivi sur cette baisse, comportant notamment deux sénateurs, doit se réunir à cette date.

Colère des élus

Face au manque d’enthousiasme des restaurateurs, le gouvernement a plusieurs fois haussé le ton. Mi-octobre, Hervé Novelli avait ainsi convoqué les syndicats de restaurateurs pour leur demander d’aller « plus loin » et « plus vite ». Le secrétaire d’Etat au Commerce avait déjà fait planer la menace d’un retour à une TVA normale dans le secteur. Un député UMP, Eric Ciotti, avait égalemet réclamé à la fin d’août dernier, un moratoire sur la baisse de la TVA, refusé par le gouvernement.

Malgré son rejet, le texte du Sénat est un nouvel aiguillé lancé à la profession qui traduit aussi l’agacement croissant des élu de la majorité à devoir justifier ce « cadeau », d’un coût de 3 milliards d’euros, en période de crise et de déficits records.

Patrick Chenet, président du Synhorcat, deuxième syndicat de restaurateurs, avait réagi lundi en estimant que cet amendement risquait de « faire capoter les négociations salariales », en cours dans la branche. Le syndicat se dit « absourdi » et explique : « Nous avons signé un contrat, un engagement, il y a à peine 6 mois. Cet engagement porte sur trois ans. » Il reconnaît cependant que « pour ce qui concerne les prix [...] ce n’est pas satisfaisant encore » et assure : « Nous allons y travailler ».

Source : www.lefigaro.fr

 

Sans-papiers : le PS suit Aubry avec prudence

Article du figaro.fr

Elle n’a pas peur d’en parler, au contraire. Il y a quelques semaines, Martine Aubry le disait déjà devant les sympathisants de gauche venus la rencontrer à Tourcoing, en réponse aux interpellations de la salle. « Certains essaient de remettre sur la table l’idée que l’immigration serait un problème. Nous pensons tout le contraire : c’est plutôt une solution, même s’il faut l’organiser », assurait la première secrétaire du PS. Elle ajoutait : « Qu’on n’essaie pas de nous diviser là-dessus. »

En relançant ce week-end le débat sur une « régularisation large sur critère » des sans-papiers, notamment ceux qui travaillent en France depuis longtemps, la numéro un du PS a cependant pris un risque. Mais elle l’assume. En marg de la réunion de Tourcoing, elle confessait même un regret : lorsqu’elle était ministre du gouvernement de Lionel Jospin, elle ne s’était pas assez battue, notamment en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales. « C’est un combat que j’ai perdu. »

Lundi, les dirigeants socialistes n’ont cependant pas cherché à embrayer derrière elle. Ils attendent le débat prévu mardi soir au bureau national. Un silence gêné ? Le PS craint-il toujours d’apparaître comme trop angéliste ? « C’est l’inverse que je note, au contraire, explique la députée de Paris Sandrine Mazetier, en charge de préparer le débat interne. Je n’ai vu personne grimper aux rideaux pour dénoncer une position droit-de-l’hommiste. » Ce serait le signe, selon elle, d’un changement de tonalité au PS. « La gauche a été trop défensive sur cette question dans le passé, elle a cédé du terrain, estime-t-elle.

Certains ténors du PS partagent la même position que Martine Aubry, mais ils ne le crient pas haut et fort. « Les personnes qui sot là depuis longtemps, qui travaillent, qui paient leurs impôts, il n’y a aucune  raison qu’ils n’aient pas des droits », a déclaré lundi Laurent Fabius.

Des « critères objectifs »

L’ancien premier ministre plaide pour des « critères objectifs » de régularisation : « être en France depuis une certaine période, ne pas avoir de condamnation, être intégrés ». « D’un côté, il faut régulariser ceux qui doivent régularisé, et de l’autre, il ne faut pas admettre que des entrerprises puissent profiter de la misère des gens », a-t-il ajouté

Il y a une quinzaine de jours, c’est le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a interpellé directement François Fillon. Dans un courrier adressé au premier ministre, il a demandé un « assouplissement des conditions de régularisation des travailleurs sans-papiers » en grève actuellement dans la capitale. Ils sont près de 5 000. « Les régularisations effectuées en 2008 ont marquées par des inégalités de traitement selon les départements et la liste des métiers concernés s’est avérée trop limitée », critiquait-il aussi.

En assumant le débat sur la « nécessité » d’avoir recours à l’immigration, les socialistes espèrent reprendre la main. D’autant plus que le débat sur les entreprises qui emploient une main-d’oeuvre sans-papiers est revenu sur le devant de la scène. « Notre économie fonctionne avec des cols bleus et des cols blancs sans-papiers », remarque-t-on au PS en dénonçant « l’échec de la politique gouvernementale » : « Ils fabriquent des personnes en situation irrégulière de manière industrielle. »

Mais certains s’inquiètent du risque de « confusion » dans l’opinion. « Je vois bien qu’à droite ils vont s’engouffrer là-dedans », craint un député. « L’immigration est une question qu’il faut affronter de toute façon. Mais je ne sais pas si c’est le bon moment. » Au PS, on ne veut pas créer de faux espoirs. On est prudent aussi sur la définition des critères de régularisation. Certains insistent sur la nécessité de poser des limites. Comme quoi le débat n’est pas si simple.

 

Source : www.lefigaro.fr

 

Le regard des socialistes européens sur le PS

Article du Figaro.fr du 30/07/09

Par Caroline Bruneau, Rose Claverie, Diane Cambon et Richard Heuzé

 La gauche européenne scrute avec inquiétude les déboires du parti socialiste français

 ALLEMAGNE – Le SPD pointe l’abîme persistant entre les socialistes français

 A quelques semaines des élections législatives de septembre, le SPD allemand ne fait pas figure beaucoup plus reluisante que son homologue français. Pour autant, les problèmes entre les deux formations sont bien différents, selon Monika Griefahn, député SPD en Basse-Saxe : « Il existe en France un abîme entre les socialistes traditionnels et ceux qui et ceux qui sont sociaux-démocrates et, de toute évidence, ce fossé n’a pas été comblé lors de la dernière élection présidentielle et l’élection du premier secrétaire ; en Allemagne, cette différence n’existe pas. »

Une des raisons tient selon Griefahn, membre du groupe parlementaire franco-allemand au Bundestag, aux personnalités à la tête du PS : « On voit qu’en France le succès dépend toujours de la personne à la tête du parti. Au contraire de ce qui se passe au SPD, le PS possède deux personnalités très contradictoires avec Martine Aubry et Ségolène Royal, mais elles divisent plus le PS qu’elles ne le réunissent. »

Le SPD, qui appartient encore à l’Internationale socialiste, continue de travailler avec ses collègues français. Malgré le choix du vocable de social-démocrate, le programme du parti « reste socialiste », selon Monika Griefahn, qui pense que le mot « est celui qui représente le mieux notre principe d’égalité des chances pour tous ». Cela ne semble pourtant pas convaincre les électeurs : selon un sondage du magazine Focus, le candidat SPD Frank-Walter Steinmeir est tombé en juillet à 18% d’opinions favorables, soit 40 points derrière la chancelière.

 ANGLETERRE – Les travaillistes conseillent un renouvellement des idées

             La crise que traverse le parti socialiste français ressemble à la situation du Labour en Grande-Bretagne. Les travaillistes Britanniques ont eux aussi réalisé un score affligeant aux élections européennes, et leur chef, Gordon Brown, est contesté au sein du parti. Mais à la différence du PS, le Labour est au pouvoir depuis 12 ans. « Les gens veulent du changement et c’est très difficile de lutter contre ça », affirme au Figaro Margaret Prosser, de la Chambre des Lords. Pour elle, « au contraire, la gauche est dans l’opposition en France, elle devrait donc avoir de vraies idées neuves. Clairement, quelques chose ne va pas ».

            Pour l’ancien député travailliste et pionnier des blogs sur Internet Lord Soley, « les socialistes français n’ont pas fait les changements qui auraient dû avoir lieu il y a bien longtemps, comme accepter l’économie de marché. C’est pour cela qu’ils n’arrivent pas à accéder au pouvoir et qu’on ne peut pas s’appuyer sur eux. » Denis MacShane partage l’idée que le PS doit connaître une indispensable évolution, comme celle du Labour au début des années 1990. Pour y arriver, selon l’ancien secrétaire d’Etat à l’Europe de Tony Blair, « la gauche française ne devrait pas marginaliser ses talents comme Manuel Valls, Jack Lang ou Bernard Kouchner ». Cependant, Margaret Prosser estime que, sans leader sûr de l’emporter largement, il vaut mieux ne pas diviser un parti en organisant de nouvelles primaires. Quant au changement de nom, les travaillistes ne l’estiment pas nécessaire. Certes, le parti travailliste s’est bien rebaptisé « New Labour » avec Tony Blair. Mais Denis MacShane précise que les démocrates américains ont gardé le même nom pendant 150 ans et les socialistes espagnols, 100 ans. Changer de nom pour le PS français, ce serait « comme repeindre une vieille voiture ».

 Espagne – Le PSOE s’inquiète de l’impact européen de la crise

 « Nous sommes très inquiets de voir comment le PSF ne parvient pas à sortir de cette crise qui dure depuis tant d’années, affirme Elena Valenciano, secrétaire générale de la politique internationale du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Pour la gauche espagnole, ces conflits internes sont très négatifs pour l’image du parti en France, mais aussi au niveau européen. « L’opinion publique punit par le vote les formations politiques qui ne montrent pas une image homogène. Comment voulez-vous qu’un parti divisé inspire confiance ? », lance-t-elle.

Pour les socialistes espagnols, au pouvoir depuis 2004, le débat autour du référendum européen a été le point de la division au sein du PS. « Toutes ces positions différentes au sein d’une même famille ont déconcerté les électeurs ». A cela s’ajoute, selon Elena Valenciano, les querelles entre barons. Aux yeux de la gauche ibérique, il est urgent que les socialistes français « fassent un grand effort » pour retrouver une unité non seulement autour d’un leader commun, mais aussi autour d’un programme d’idées. On s’étonne ici que les idées défendues par les verts français n’aient pas été incluses dans le programme des socialistes et que les deux partis ne soient pas parvenus à former un ensemble gauche écologique lors du scrutin européen de juin. Mais ce qui inquiète surtout le PSOE, ce sont les répercussions européennes d’une telle division française. « Pour le bien des socialistes européens, qui ne sont pas les mieux lotis après les élections européennes, il est urgent que les Français donnent une image de cohésion car leurs problèmes portent aussi préjudices aux autres socialistes d’Europe. »

 Italie – La gauche italienne se console en regardant Paris

 Tout aussi déchirée, sans idées et humiliée par ses défaites électorales que les socialistes français, la gauche italienne cherche en vain du côté de Paris un motif de réconfort. Sans faire toutefois beaucoup d’illusions. L’un de ses représentants les plus lucides, Enrico Letta, l’un des dirigeants du Parti démocrate, a consacré un livre saisissant Construire une cathédrale au « mal obscur » qui ronge les deux gauches, italienne et française. Se référant à Emmanuel Todd, il attribue ce mal au fait que « l’ambition de gouverner leur est à me manquer ». Face à des leaders comme Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, les gauches des deux pays auraient dû réaliser l’alliance la plus ample possible entre progressistes et modérés. Une alliance, qui, selon Letta, devrait aller en France jusqu’à François Bayrou et probablement aussi Daniel Cohn-Bendit.

Assez curieusement, la gauche italienne se montre très pudique dans critiques des socialistes français. Sans doute sa propre situation ne lui fournit guère d’arguments pour donner des leçons. La « guerre des femmes » entre Martine Aubry et Ségolène Royal a été vue avec une inquiétude teintée d’ironie. L’entrée de transfuges venant des rangs socialistes dans le gouvernement de François Fillon, à commencer par Bernard Kouchner, est perçue comme un coup de maître de Nicolas Sarkozy. Et la seule à défendre en France les valeurs traditionnelles de la gauche lui paraît être … Carla Bruni-Sarkozy, dont les progressistes italiens ont pris la défense quand elle a été accusée de « snobisme de gauche » lors du G8 par Il Giornale, un quotidien de la famille Berlusconi.

 Source : www.lefigaro.fr

 

Des salariés menacent de déverser des produits toxiques dans la Seine

Des salariés de l’entreprise de transport SERTA près de Rouen menacent de déverser des produits toxiques dans la Seine, s’ils n’obtiennent pas les 15.000 Euros de prime de licenciement qu’ils demandent à leurs direction.

Cohn-Bendit, un touche-à-tout libre

Cohn-Bendit

Par Rodolphe Geisler dans Le Figaro

Assoifé de liberté, le leader d’Europe Ecologie assure toujours cherché à être le plus polyvalent possible, vis-à-vis de la politique. Il a par exemple animé pendant neuf ans une émission littéraire en Suisse.

Demande à Daniel Cohn-Bendit quel métier il aurait aimé exercer s’il n’était pas tombé dans la politique il y a maintenant un peu plus de quarante ans passe presque pour de la provocation. Derrière ses lunettes rondes, le leader d’Europe Ecologie, qui a réussi le tour de force de sortir les Verts de leur marasme à l’occasion des européennes de juin, écarquille grand ses yeux bleus, grimace et lance : « Je n’ai jamais rêvé d’exercer un métier en particulier. J’ai toujours rêvé d’être quelqu’un de libre, qui puisse faire une chose ou une autre. » Du coup, en paralléle de sa carrière politique en France mais également en Allemagne, « Dany » a mené plusieurs vies de front.

« Identités multiples »

La liberté, la jouissance sans contraintes : vieux restes de l’idéologie soixante-huitarde ? L’ancien leader estudiantin, qui narguait les CRS boulevard Saint-Michel à Paris, s’est certes assagi depuis Mai 68. Il s’est « embourgeoisé » grince aujourd’hui son ancien camarade de barricades Alain Krivine du NPA, le parti d’Olivier Besancenot. Mais, Cohn-Bendit assume ses choix, qui relèvent plus d’une philosophie de vie, que de la volonté de faire carrière. « J’ai tenté de réaliser tous mes désirs, je n’ai jamais eu un rêve alternatif à la politique. Mon rêve, c’était d’être le plus polyvalent possible, vis-à-vis de la politique », assure-t-il.

Sa théorie : chaque homme possède une « identité multiple ». « J’ai toujours pensé qu’on n’a pas une seule identité et, donc, qu’on ne peut pas résumer vie à une seule chose. Je voulais faire de la politique, du journalisme. J’ai, aussi, toujours été un peu fasciné par le théâtre et le cinéma. En fait, j’ai réussi à réaliser beaucoup de mes rêves », reconnaît-il. Passionné de foot, il fera des « trucs sportifs », comme être consultant foot sur Europe 1 ou à la télévision pour le championnat d’Europe de 1984, « quand la France est devenue championne », précise-t-il. Il a encore écrit des articles sportifs dans Le Monde ou l’Equipe Magazine. La carrière du « journaliste Cohn-Bendit » ne s’arrête pas là. Sans doute peu de Français le savent, mais il a animé pendant neuf ans une émission littéraire pour une télévision suisse.

Un scénario « sans queue ni tête »

 Maintenant, les vies parallèles de Cohn-Bendit n’ont pas toutes été couronnées de succès. Il ne s’en cache pas. « Dans cette tentation de toucher à tout, on peut aussi se planter », dit-il. S’il a bien fait un peu de théâtre et fait « deux ou trois apparitions » dans des films, sa vie rêvée au cinéma n’a pas franchement été une réussite. Il donne un exemple : « Il y a quelques années, j’avais écrit un scénario qui parlait de l’histoire de la musique. Mais ça n’a finalement pas fonctionné. Pour être franc, ça n’avait ni queue ni tête. »

A 65 ans, Cohn-Bendit assure qu’il effectue son dernier mandat politique et qu’il ne jouera plus le rôle de « moteur » dans une campagne. Des paroles qui ne l’empêcheront pas d’être une fois de plus la vedette aux journées d’été des Verts, qui s’ouvrent aujourd’hui à Nimes.

Source : www.lefigaro.fr

Déplacement de Luc Chatel : la presse est-elle faussement naïve ?

Par Cginisty publié dans Le Post

Avant de savoir si la visite de Luc Chatel dans les rayons d’Intermarché a été bidouillée par le ministère ou par le supermarché, ne faut-il pas se poser la question de la présence des médias à cet exercite convenu de pure propagande ?

Bien sûr que c’est ridicul, bien sûr aussi que ce sont les services du ministère qui se sont arrangés pour qu’il y a du monde et pas n’importe quel monde, que ce soit des ménagère sélectionnées pour leur look, qui passent bien à la télé, en train d’acheter les bons produits dont le ministre fait la promotion. Intermarché a beau communiquer et dédouaner Luc Chatel, personne n’est dupe. Il fallait des images, il fallait à tout prix éviter que le rayon des fournitures scolaires soit vide, il fallait que cette rencontre ait lieu, on a tout fait pour que cela se produise. Le Ministre a d’ailleurs été bien briefé, lui qui s’est adressé à la bonne ménagère, celle qu’on avait préparé pour lui. Cela s’appelle de la communication et nous en « bouffons » matin, midi et soir. Mission accomplie.

Je sais, c’est déprimant mais tant que des millions de téléspectateurs se contenteront de regarder religieusement Laurence Ferrari à 20h00 pour savoir comment se porte le monde, ce sont ces images que nous aurons.

Mais la question que je me pose est de savoir pourquoi la presse répond-elle présent à de telles mascaraes ?

Vous êtes journaliste de télévision. Le service de presse du ministère appelle : « Luc Chatel se rendra demain dans un supermarché de la région parisienne pour constater du succès de l’opération de rentrée sur les fournitures scolaires ». Quel peut-être l’intérêt de couvrir ce déplacement ? Ne trouvez-vous pas qu’il y a là une forme déjà coupable de complaisance vis à vis du pouvoir ?

Que peuvent imaginer les journalistes ? Que Chatel va aller avec sa suite dans un rayon, qu’il n’y aura pas un chat autour des fournitures en question et qu’une pauvre bougresse qui passait par là va oser lui dire « tu sais où tu peux te les foutre tes fournitures de merde » ? Soyons sérieux deux secondes. Tout le monde sait que la rencontre est mise en scène, que l’exercice est préparé. La seule question que se posent les rédactions est de savoir à quel point et si c’est voyant ou non.

Ne nous leurrons pas. Nous sommes manipulés dans ce type de reportages et les médias sont complices de cette manipulation en acceptant de se prêter au jeu dans 90% des cas.

Note de la rédation du Post : Intermaché a reconnu avoir mis en scène la visite du ministre. La fameuse conseillère municipale UMP interrogée par le ministre (et qui fait à la fois la promo des « Essentiels Rentrée » gouvernementaux et de la carte Intermarché) est en fait comptable dans l’entreprise. RMC précise que 12 salariés de la chaine de magasins ont reçu une convocation de leur direction. Toujours d’après la radio, elles appartiennent à la centrale de Bondoufle, dans l’Essonne.

L’administration pénitentiaire « camoufle »-t-elle des suicides ?

Article paru le 18 août 2009 sur le site de l’hebdomadaire Marianne

Par Gérald Andrieu

 

 

Les mesures annoncées par Michèle Alliot-Marie ne satisfont pas l’Observatoire international des prisons (OIP). Du coup, l’organisation réplique en révélant un document confidentiel de l’administration pénitentiaire pour le moins troublant …

 

L’empressement de Michèle Alliot-Marie à se saisir du dossiers des suicides en prison laissait entendre que la nouvelle Garde des Sceaux voulait rompre avec l’ère Dati. Mais finalement il n’en est rien. En déplacement à la maison d’arrêt d’Orléans, l’ancienne ministre de l’Intérieur s’est bornée à annoncer une série de mesures d’urgence qui ne s’attaquent pas aux racines du mal. Parmi les idées avancées par MAM : former les personnels à détecter les comportements suicidaires et généraliser les « kits de protection » composés de draps et de couvertures indéchirables, de pyjama en papiers et de matelas anti-feu pour les détenus présentant des risques.

Pour Patrick Marest de l’OIP, c’en est trop : « C’est s’attaquer aux conséquences sans jamais vouloir regarder les causes. Ces mesures, c’est le degré zéro du respect de la dignité humaine … » Et le national de l’OIP a décidé de frapper fort. Puisque les annonces du ministre de la Justice ne sont pas à la hauteur, il dégaine un document à l’en-tête de la direction de l’administration pénitentiaire (AP) qui révèle que le nombre de suicides enregistrés l’an passé devrait peut-être être revu à la hausse.

 

Des décès devraient être reclassés en suicides ?

 

Qu’apprend-on à la lecture de ce document intitulé « Bilan provisoire des suicides en 2008 » ? Premièrement, que repérer un détenu au comportement suicidaire empêche peu le passage à l’acte : « Sur les 109 suicides en détention, 28,44% des suicidants n’étaient pas repérés comme fragile ou suicidaire. On a donc aussi, en creux, précise le document, 71,56% des suicidants repérés à différents niveaux. »

On découvre surtout qu’au 31 décembre 2008, 131 « décès (hors suicide) » ont été recensés et que « parmi ceux-ci 85 sont qualifiés autres (hors mort naturelle et homicide) ». Et pour l’auteur du document de poursuivre : « Il convient de noter que les décès survenus suite à une ingestion médicamenteuse nécessiteraient un examen des résultats d’autopsie et, pour un certain nombre d’entre eux, une possibilité de reclassement en suicide. » Pour Patrick Marest, ça ne fait donc aucun doute : « Il y a des suicides qui sont camouflés car définit le reclassement de ces décès en suicides ? L’AP ! On est au mois d’août 2009 et elle ne l’a toujours pas fait ! »

Le responsable de l’OIP ne décolère pas et poursuit : « Il est temps que la ministre prenne la mesure de la situation et de l’attitude de l’AP. Michèle Alliot-Marie parle de « totale transparence », mais l’AP lui ment. On est face à une institution incapable de se remettre en cause. » Et pour Patrick Marest d’avancer ses solutions : « Il faut une commission d’enquête parlementaire d’urgence et surtout, qu’à l’avenir, la prévention du suicide dans les prisons revienne au ministère de la Santé. C’est à lui de la mettre en œuvre et de la piloter. Ça tombe bien : il y a des médecins, des infirmières dans les prisons ! Aujourd’hui, on est dans une situation aberrante. Dans les écoles, c’est bien le ministère de la Santé qui intervient pour la grippe A et pas les enseignants ? Dans les prisons, ce devrait être pareil ! » L’administration pénitentiaire devrait apprécier et ne tardera pas, c’est sûr, à faire part de son point de vue …

 

Gérald Andrieu – Marianne

 

Source : www.marianne2.fr